La sélection nationale haïtienne de football féminin a baissé pavillon 0-4 face à la sélection nationale des États-Unis pour son premier match de la phase Concacaf comptant pour les éliminatoires des Jeux olympiques de Tokyo mardi soir. Cueillies à froid sur une réalisation de Carly Lloyds dès la 2e minute, les Haïtiennes ont pourtant tenue tête face aux championnes du monde surtout en première période avant de sombrer après l’heure de jeu en concédant 3 buts aux coéquipières de Megan Rapinoe. Nérilia Mondésir et consorts n’auront pas créé la surprise et la sensation escomptées C’est le coup de sifflet de l’arbitre jamaïcaine Odette Hamilton qui marquera les esprits lorsque sur un corner depuis le côté de la défense des coéquipières de Carly Lloyds, les Haïtiennes ont marqué à la 17e minute. Mais l'arbitre a prétexté une position avancée pour ne pas valider le but. Ce qui a marqué un tournant dans la rencontre. D’autant que si les Haïtiennes jouaient crânement leur chance en première période, il n’en reste pas moins que Melchie Daelle et consorts savaient qu’elles allaient affronter les championnes du monde en titre, la sélection qui a déjà 4 médailles d’or olympiques à son actif en football, le ballon d’or du football féminin avec Megan Rapinoe, la meilleure buteuse en éliminatoire de la région avec Carly Lloyds avec respect mais sans peur. Pour elles, c’est en se frottant aux meilleures qu’on apprend et c’est en tirant son épingle du jeu devant les meilleures qu’on mesure sa progression. 0-4, le score est lourd. Elles ont pu mesurer la portée de l’expérience, la valeur du métier, les conséquences du manque de compétition, l’importance de la complicité dans une équipe. On a pu constater aussi que parfois le petit coup de pouce est donné aux plus forts. Comme si, en plus d’être le petit poucet, tout concourt à aider l’ogre. Haïti n’a même pas eu le temps de rentrer dans la partie que Christen Press, à la reprise d’un centre de Lynn Williams, ajustait Kerly Théus d’une volée du droit pour ouvrir le score (1-0, 2e). Si Haïti, avec notamment Kerly Théus qui a montré d’énormes progrès, a pu conjurer les dangers à la pause, les Américaines ont montré leur détermination à faire le break dès le coup d’envoi de la deuxième période avec l'entrée de la Ballon d’Or Megan Rapinoe. Contraint de placer son pion le plus sûr, Melchie Daëlle, tout près de la défense dans un 4-2-3-1 prudent, le sélectionneur Laurent Mortel n’avait plus d’autres cartes à abattre face au changement de son homologue Vlatko Andanovski. Subissant de plus en plus la pression américaine, la défense haïtienne a finalement cédé après l’heure de jeu sous les coups de boutoir, de Lynn Williams de la tê1te 67e, Lindsay Horan 73e et Megan Rapinoe en fin de match. Haïti devra obligatoirement se refaire une santé vendredi face au Costa Rica, vainqueur 6-1 du Panama, et du Panama lundi lors de son dernier match de la phase de poule. Pour le moment le Costa Rica, occupe seul la tête du groupe avec trois points et une différence de buts de +5. Les États-Unis sont deuxième avec trois points et une différence de buts de +4. Haïti occupe pour l'instant la troisième place, ce qui est sans importance puisqu’on ne prendra pas de troisième.