En acceptant de modifier les règlements généraux de la Police nationale d’Haïti, par arrêté du Premier ministre, sous la pression d’un groupe d’agents se réclamant de « Fantom 509 » à la suite d’une série d’actes répréhensibles commis lundi et mardi à travers les rues de la zone métropolitaine et dans les institutions publiques, Joseph Jouthe ouvre la boîte de Pandore. Depuis plus de deux semaines, l’Office de la protection du citoyen (OPC) avait offert ses bons offices pour jouer le rôle de médiateur dans la crise qui oppose les policiers qui revendiquent le droit de former un syndicat à la hiérarchie de l’institution policière. Sans mesurer la portée de ses déclarations intempestives, le Premier ministre, fraîchement investi dans ses fonctions, s’est vite positionné contre la formation de ce syndicat sans analyser la dimension de la crise qui est antérieure à ses fonctions de président du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN).

Depuis la publication de cet arrêté, les policiers ont le champ libre pour entreprendre les démarches administratives nécessaires pour se regrouper en un syndicat afin de défendre leurs intérêts. Cependant la mauvaise gestion de ce dossier par les plus hautes autorités du pays peut contribuer à affaiblir davantage l’institution policière. Comment l’Inspection générale va-t-elle pouvoir exercer ses fonctions de police des polices à l’endroit des contrevenants au sein de l’institution ? Comment sera le rapport entre la hiérarchie de l’institution et le comité directeur du syndicat ? La chaîne de commandement à tous les échelons de l’institution policière sera-t-elle renforcée ou piétinée au gré des actes répréhensibles commis par les policiers qui se réclament de Fantom 509 ? D’autres groupes de policiers ne vont-ils pas exprimer leurs revendications en posant des actions semblables à celles de Fantom 509 ?