L'âme d'une pionnère qui continue comme une lionne à veiller sur ce qu'elle a créé. De l'autre côté de la frontière, 40 ans auparavant, les plus riches partaient pour l'Espagne, le Brésil ou l'Italie faire le plein d'habits tandis que les plus modestes et les moins riches allaient chez une couturière pour se faire confectionner une veste, une robe ou un pantalon inspirés des modèles à la mode dans les pays cités plus haut. Dans ce pays qui cherchait encore sa voie, la mode n'était pas une priorité pour les politiciens mais semblait être un besoin pour le peuple. Quelque part, une jeune femme prénommée Jenny se cherche dans la vie et ne sait pas encore qu'elle sera l'auteur d'une grande oeuvre. Elle fait des études en décoration intérieure et en arts plastiques. Rebelle comme elle seule, elle décide de confectionner ses propres habits pour se sentir confortable sur le campus de l'université où la guerre du snobisme est déclarée entre filles. En fait d' émulation, sa seule stratégie pour rivaliser avec celles qui portent du Gucci ou autres grandes marques reste l'originalité. A l'époque, dit-elle, l'âme dominicaine représentait le seul courant auquel personne n'avait pensé. Elle s'inpire alors de l'art du terroir et, vite fait, tout le monde la suit.

Dans sa collection présentée dans le cadre de cette deuxième édition d'Haïti Fashion week, le blanc est demeuré sa couleur fétiche. Cette couleur associée à l'innocence généralement lui accroche depuis 37 ans la haute société et la classe moyenne dominicaines. Jenny s'impose aussi en dehors de son pays. Dans 11 Etats, aux USA, elle a des magasins. Elle est invitée dans des semaines de mode de Puerto Rico à Paris sans compter la nôtre. Pour Jenny, la mondialisation à la Coca-Cola, à la Mc Donald n'a jamais été un but pour elle. Pas question que ses produits se trouvent dans tous les recoins de la terre. Pour se procurer certains de ces derniers, il faut se résoudre à l'idée d'un pélérinage dans son pays. Elle représente alors depuis le début de ses activités une aubaine pour les lignes aériennes qui desservent son pays et les autres acteurs du tourisme.