Dans la journée du  dimanche 12 avril 2020, il n’y avait rien à signaler comme incident regrettable dans la commune de Milot. Il n’y avait pas d’activités culturelles ni récréatives. Aucun match de football non plus en ce temps de coronavirus. Toutes les confessions religieuses observent de façon rigoureuse les injonctions du gouvernement en matière de rassemblement pour éviter la propagation du virus corona. Dans la soirée du dimanche, il n’y avait pas d’électricité dans ladite commune. Le temps était beau. Il n’y avait pas de pluie. En cette nuit, il n’y avait pas de foudre qui s’était abattu sur le toit de la Chapelle royale de Milot ni dans son entourage. En un mot, il n’y avait rien qui pouvait provoquer l’incendie de  cette église classée patrimoine mondial par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

A travers le pays aussi bien que dans la diaspora, les Haïtiens sont indignés en apprenant cette nouvelle révoltante transmise tôt le lundi matin sur les réseaux sociaux. Pourquoi incendier cette chapelle royale, dédiée à l’Immaculée Conception, l’un des plus beaux fleurons de notre patrimoine architectural du XIX siècle ? Construite entre 1810 et 1813, cette chapelle vieille de 207 ans rentre dans l’environnement du parc national historique. A six mois de la célébration du bicentenaire de la mort du roi Henri Christophe, le 8 octobre prochain, comment le gouvernement va-t-il se comporter face à cette situation ? Va-t-on célébrer le Roi bâtisseur sans cette œuvre magistrale qu’est sa chapelle ? Sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels, les avis vont dans le sens de la réhabilitation de la chapelle avant la date du 8 octobre prochain. Cependant, le gouvernement va-t-il se lancer dans la reconstruction de la Chapelle royale avant de prendre les dispositions nécessaires pour sécuriser les autres monuments qui entrent dans le patrimoine du pays ?