Moins d’une semaine après la levée de boucliers de la classe politique et des organisations de la société civile sur la position du secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almago, reconnaissant la fin du mandat constitutionnel de Jovenel  au 7 février 2022, le chancelier haïtien sollicite l’adhésion du Core Group sur cet épineux dossier. Conscients de la délicatesse de ce sujet, les diplomates réunis au sein de ce groupe n’ont publié jusqu’à présent aucun communiqué sur la vidéoconférence tenue avec le ministre des Affaires étrangères. Pourquoi le président Jovenel Moïse doit-il solliciter le soutien de la communauté internationale si son mandat est à la fois constitutionnel et légal comme l’a précisé le chancelier Claude Joseph ? Quelle sera la prochaine sollicitation de Jovenel Moïse sur la fin de son mandat ? S'agit-il de la Caricom, de l’Union européenne ou de l’ONU ? Pour l’instant, l’ambassade américaine ne s’est pas encore prononcée sur ce dossier.

 Compte tenu du comportement du secrétaire général  de l’OEA dans les différents dossiers du continent, tout porte à croire qu’il a agi d’un commun accord avec les Etats-Unis. Depuis son accession à l’organisation hémisphérique, il n'a pris aucune position qui est contraire à celle de Washington. Depuis les manifestations récurrentes de l’opposition en 2018, Washington reste un allié sûr de Jovenel Moïse. Le Département d’Etat attend-il le moment opportun pour se ranger dans le camp de ceux qui souhaitent la fin du mandat de Jovenel Moïse au 7 février 2022 ? Il est certain que la position de Washington aura un effet non négligeable. C’est un acteur géant sur l’échiquier politique haïtien.