C'est avec « Glise l », titre éminemment sensuel, que Gracia entre véritablement dans la lumière. L'homme qui a sillonné des groupes dont la réputation ne dépassait pas Dessalines, son patelin, enregistre en 1995 pour le compte du groupe Djakout, et ainsi se lance l'un des artistes les plus starifiés chez nous. En marge de notre entretien, un ami à lui raconte : « J'étais à Miami dans un barber shop et un homme s'était mis à parler de Gracia Delva comme s'il le connaissait. Le type mentait piteusement, mais je me gardais de le démentir tant qu'il parlait avec ferveur. C’est alors que je me suis rendu compte de ce qu'est le phénomène Gracia. » Le chanteur lui-même raconte s'être rendu compte de sa popularité quand dans les embouteillages il entend des marchands de vêtements à la criée lancer : « Ti chemiz Gracia bon bagay, ti djins Gracia, ti tenis Gracia... »
Gracia Delva estime que son personnage est redevable surtout à son expérience dans Djakout. « J'ai une part de moi à Zenglen, à Djakout et à Mass Konpa ; mais je crois que mon socle ou, si vous voulez, un l'élément central pour m’identifier, c'est bien mon passage à Djakout », explique-t-il. Mass Konpa ce n'est pas juste son groupe, c'est surtout son gagne-pain. « Je ne gagne pas ma vie en faisant de la politique. Je suis sénateur par devoir citoyen. Mon gagne-pain à ce jour est mon groupe Mass Konpa qui est toujours à l'affiche des fêtes patronales. Nous sommes d'ailleurs très aimés en région », confie l'artiste.






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