En ce mois de juillet 2020 qui draine des pèlerins de partout à travers Haïti, même en ce temps de coronavirus, « Mimola », le seul roman écrit et publié par Antoine Innocent, mérite d’être visité pour avoir une idée de Saut-d’Eau au printemps du siècle dernier. Un regard sur ce haut lieu de pèlerinage, dans le Plateau central, vaut le détour d’une promenade littéraire pour avoir une vue sur un sujet intéressant, une écriture, un matériau littéraire digne d’un indigéniste avant la lettre. 

Antoine innocent cet auteur, qui a, le premier, aiguillé le roman haïtien sur les rails du monde rural et paysan ainsi que sur les valeurs et les croyances du peuple, est né à Port-au-Prince en 1873. Il est mort le 13 avril 1960, à l’âge de 87 ans. Cet écrivain journaliste qui a collaboré à la Ronde littéraire, Jeune Haïti, Le Soir, a connu l’exil dans ces temps troublés où la plume se substitue en un tour de main au fusil; il va connaître le pain amer de l’exil, suite à l’affrontement d’Anténor Firmin, candidat à la présidence, qui résistera vaillamment aux militaires conduit par Tonton Nò. On était en 1908, il venait à peine de s’éclore dans le paysage de la fiction littéraire quand il a livré au monde « Mimola ».