Avant le nouveau code pénal haïtien, aucun texte de loi ne punissait expressément le harcèlement sexuel. Certes, certains considéraient que l’on pouvait assimiler le fait de menacer un employé pour obtenir des faveurs sexuelles comme faisant partie des agressions sexuelles prévues par le décret du 6 juillet 2005, mais ceci était discutable. D’ailleurs, le terme harcèlement sexuel à proprement parler n’existait pas dans notre corpus juridique. Un flou qui portait grandement préjudice aux victimes qui souvent n’avaient aucun recours. 

Cependant le harcèlement sexuel est un phénomène récurrent dans la société haïtienne. En effet, même s’il n’existe pas beaucoup de statistiques en ce sens, un article publié dans Le Nouvelliste en date du 23 mars 2015 relatait les données résultant d’un rapport réalisé par la Solidarité des femmes haïtiennes (SOFA) et le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), via un rapport sur la question du harcèlement sexuel en milieu de travail en Haïti. Sur un échantillon de 305 femmes, plus de 11% des femmes affirment avoir été victimes d’un propriétaire, d’un superviseur ou d’un directeur dans le secteur de la manufacture, plus de 37% des femmes de l’administration publique et des ONG recourent à des tentatives de suicide, à la consommation de somnifères pour échapper aux insultes, selon le rapport. De ce fait, cette avancée dans le droit positif avec cette nouvelle incrimination vient combler un vide qui a été identifié auparavant dans notre législation.