« C’est la perte d'un homme extraordinaire ! », confie Liliane Pierre-Paul, la reine de la presse qui a accepté de répondre à nos questions tandis qu’elle était à deux doigts de commencer son journal de 4 heures sur Radio Kiskeya. « Filo se moun pa m, mwen se moun pa Filo, se yon zanmi, yon fanmi, yon konpayèl, yon konbatan ki ale », ajoute la journaliste senior, la voix cassée par l'émotion. Elle revient avec détails sur leurs rapports qui ont commencé dans les années 70 ensanglantées par le régime Duvalier qui excellait dans l'art de brider la parole.
« On est tous les deux à Radio Haiti Inter. C'est à l'époque une forteresse où le combat contre l'arbitraire se faisait chaque jour. Le régime est passé à la répression. On arrive donc à la fermeture de la radio et l'arrestation de ses membres. On en relâche quelques-uns et les autres dont Filo et moi avions été torturés et forcés à l'exil. Là-bas on continue avec nos engagements. On revient au pays et on réintègre pour un court temps Haïti Inter avant d'aller chacun sur son chemin. Lui vers Radio Ginen et moi vers Kiskeya. Mais nos rapports sont toujours restés soudés », explique-t-elle.






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