La dégradation des conditions sécuritaires à travers le pays semble finalement préoccuper les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux. Le week-end écoulé, lors du dialogue communautaire organisé par le président Jovenel Moïse, le Premier ministre Joseph Jouthe a publiquement désavoué le commandant en chef de la police nationale, Normil Rameau. Sans langue de bois, sans diplomatie, le chef du gouvernement a mis en cause le manque de leadership du chef de la police dans la détérioration des conditions sécuritaires à Port-au-Prince et dans les villes de province. Jouthe a dit tout haut ce que beaucoup disent tout bas.
Le Premier ministre n'a pas été politiquement correct, mais n'a-t-il, pas eu raison? Même s'il est critiqué pour ses déclarations sur le bilan du directeur général a.i. de la PNH, Joseph Jouthe lui a peut-être rendu un service: l'investir de l'autorité pour traquer les bandits. Il arrive souvent ici que les autorités policières ont les mains et les pieds liés. On leur confie des postes sans leur donner les moyens pour accomplir leur mission. Il arrive aussi que des bandits qu'elles ont la responsabilité de traquer sont intouchables parce qu'ils sont à la solde de hautes autorités politiques. On ne sait pas si Normil Rameau est dans cette situation, mais une chose est sure: le Premier ministre Jouthe lui rappelle sa responsabilité de combattre l'insécurité.





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