Pendant longtemps, l'avortement était pénalisé en Haïti. L’article 262 du code pénal de 1825 prévoit : «Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, violence, ou par tout autre moyen, aura procuré l'avortement d'une femme enceinte, soit qu’elle y ait consenti ou non, sera puni de la réclusion. La même peine sera prononcée contre la femme qui se sera procuré l'avortement à elle-même, ou qui aura consenti à faire usage des moyens à elle indiqués ou administrés à cet effet, si l'avortement en est suivi. Les médecins, chirurgiens et les autres officiers de santé, ainsi que les pharmaciens qui auront indiqué ou administré ces moyens seront condamnés à la peine des travaux forcés à temps, dans le cas où l'avortement aurait eu lieu.»
Dans la législation haïtienne, l’avortement était un crime. La femme, qu’elle y ait consenti ou non, son médecin, ceux qui l’ont aidée étaient punissables. Certes, l’on continuait à se faire avorter en Haïti malgré les rigueurs de la loi, mais c'était toujours dans l'illégalité et la clandestinité et dans des conditions qui mettaient très souvent la vie des femmes en danger. En effet, l’avortement constitue la troisième cause de mortalité maternelle en Haïti, et toujours selon les résultats de l’étude EMMUS-V HAÏTI 2012, sur un échantillon de 352 femmes ayant avorté volontairement depuis 2007, 40% ont déclaré avoir eu des complications.






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