Elle s’appelle Karine Jean-Pierre. Karine, un prénom que lui choisit l'infirmière qui est présente lorsque sa mère la met au monde le 13 août 1974 dans un hôpital de Fort-de-France, en Martinique. Ses parents, voulant à tout prix fuir la pauvreté d'Haïti et la dictature de Jean-Claude Duvalier, avaient laissé le pays un an plus tôt, laissant même derrière eux un fils, Donald, un poupon tout juste âgé de sept mois. Ce grand frère, Karine ne le connaîtra jamais : il meurt peu après leur départ. Vivant avec un budget très serré, la famille Jean-Pierre ne peut se payer que très peu de soins prénataux, et ceux-là n’incluent pas d'échographie. Le bébé arrive donc comme une surprise pour sa mère qui espérait plutôt un petit garçon. « "Comment allez-vous l'appeler ?’’, a demandé l'infirmière de l'hôpital alors qu'elle remettait à ma mère un emmaillotage tout neuf. ‘’Je ne sais pas, répondit ma mère. Je n'ai pas pensé à un nom de fille’’. ‘’Et pourquoi pas Karine ?’’, suggère l'infirmière, qui s'est emparée d'un nom populaire en Martinique à l'époque. C'est comme ça que j'ai eu mon nom. ‘’Karine est un nom béni, disait ma mère chaque fois qu'elle racontait cette histoire. Il te va bien’’ », relate Karine dans son autobiographie, « Moving Forward », paru en novembre 2019.
Abandonnant l'idée de s’installer au Canada, mais toujours en quête d’un mieux-être pour leur famille, ses parents se rendent à Paris, en France, l'année d'après. C’est là que Karine grandit, apprenant le français et effectuant ses premières années de scolarité dans une école catholique. Quand elle a cinq ans, la petite famille débarque aux États-Unis et établit son quartier à New York, à Queens Village, plus précisément.






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