À la lumière des revendications de l’opposition et des velléités du président de la République, Jean Gabriel Fortuné a dessiné les contours d’une proposition de sortie de crise. Pour lui, il est impératif de trouver un accord politique entre les acteurs en présence, à savoir le pouvoir en place, l’opposition aussi bien que le secteur économique. «Il faut un accord politique. De cet accord pourra résulter un organe de transition avec une feuille de route. Cet organe de transition sera composé de sept membres, trois issus de la société civile, deux de l’opposition et deux du pouvoir. La présidence étant assurée par un membre de la société civile», avance Gabriel Fortuné qui prône une transition de deux ans, s’étendant du 18 novembre 2020 au 18 novembre 2022. La première partie de cette période de transition sera consacrée à l’élaboration de la Constitution jusqu’au référendum. Une fois la Constitution ratifiée on va s’atteler aux différentes réformes qui sont nécessaires.  La deuxième partie concernera les élections. La réconciliation ou la recherche de l’unité nationale par la création d’une commission de vérité chargée de faire la lumière sur les crimes économiques, financiers et politiques qui ont été commis du régime des Duvalier à nos jours, doit aussi voir le jour au cours de cette période. 

Intervenant à l’édition du week-end de Panel Magik sur Radio Magik 9, M. Fortuné a avoué être toujours un proche du pouvoir en place, du président de la République en particulier qui d’ailleurs est aussi au courant de sa proposition. «Je demeure un proche du président. Ce n’est pas lorsqu’une équipe perd que tous les fans de l’équipe doivent déserter. Nous devons réfléchir et voir dans quelles conditions nous avons perdu le match ou le championnat. S’il faut faire des remue-méninges au sein de l’équipe, nous le ferons», a-t-il avancé avant de reconnaître que “malheureusement nous avons gaspillé un mandat. Il n’y a pas de résultats. Le président a fait beaucoup de promesses de campagne, et pour toute sorte de raisons, nous n’avions pas pu délivrer la marchandise. Il est temps d’assumer nos échecs, c’est ce qui nous permettra de grandir et nous donner la capacité de corriger.  Le premier responsable c’est le président, c’est le gouvernement, et nous qui sommes avec le président.»