Comme une lionne, Mickael Makabou, de grands yeux en amande, porte fièrement sa crinière. Ce style adopté régulièrement par l’artiste coïncide avec ce discours qu’elle nous sert au bout du fil, dans un créole paré d’un accent à couper au couteau. « Se kreyòl mwen ye nèt ale. Je suis une Haïtienne. Une marabout. Le sang des ancêtres coule dans mes veines », lâche-t-elle tout de go. C’est que ni sa naissance au pays de l’Oncle Sam ni le fait qu’elle a vécu toute sa vie en terre américaine ne l’empêchent pas d’embrasser la culture de ses parents haïtiens. Sa mère capoise et son père léogânais ont tout fait pour qu’elle s'en rappelle. « Mes parents m’ont toujours parlé de mes origines. Ils m’ont appris que je devais partout valoriser la culture créole. Oui, je suis née aux États-Unis, mais mon esprit a toujours été connecté à Haïti », confie Mickael Marabou.
Brandir son ascendance et sa culture, se trouver une place dans le cœur des Haïtiens et Haïtiennes, Mickael ne jure alors que par cela. A côté de son apparence, elle utilise aussi la musique afin de parvenir à ses fins. « Pour moi, la musique représente un canal qui me permet de transmettre un message, d’apporter ma touche dans la communauté haïtienne. C’est également un moyen de m’affirmer en tant qu’artiste et du coup pousser les jeunes Haïtiens à être fiers de leur culture et combattre l’acculturation », explique la productrice de télé-réalité qui, en 2013, s’est pour de bon lancée dans cette tâche, grâce à « Bel », un groupe musical formé par la rappeuse et ses deux compagnes China Black et Mélanie. Ce trio, avant la dissolution de la bande, accouchera du titre « Haitian boy », sacrant officiellement l’entrée définitive de la « marabou » dans l’univers musical haïtien.






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