Les cheveux toujours hirsutes, un goût prononcé pour la poésie… et si Ricardo Boucher était un « Rimbaud black » en devenir de notre époque ? La question n’est pas idiote quand on sait que l’intranquilité n’est pas une posture pour lui natif de Grand-Ravine mais une partie importante de lui-même, comme ça été le cas pour l’autre génie de la langue de Molière. L’ancien étudiant en sociologie arrête dès la deuxième période dans cette entité de l’UEH qu’il ne veut plus nommer pour ne pas finir, selon lui, consultant, cadre des ONG, et continuer le bovarysme culturel qui s’empare des fils de pauvres qui finissent par obtenir un diplôme dans un système qu’il estime ségrégué.

Il découvrira le militantisme en faveur des quartiers difficiles, des petites gens comme sa mère « ti machann », presqu’au même moment que la poésie. On est en 2014, chez Harold Dessalines, à la Rue Cameau. Il croise Jean Cajou qui lui parle de son petit atelier destiné à des jeunes des quartiers comme le sien. Ce dernier lui propose d’apprendre tout le contenu du recueil « Gout pa Gout » de Georges Castera à dessein d’une prestation à une émission à la radio. Laquelle prestation n’aura jamais lieu. Il se produira à Cité Soleil de préférence à une autre occasion. « Ce moment signe la rentrée de Castera dans ma vie, et ce poète n’en sortira jamais », confie Ricardo.