Dans une ambiance de franche camaraderie, le staff et quelques sympathisants de Radio Solidarité ont partagé le vin, des petits fours et un grand gâteau au local de l'institution en ce 30 octobre qui ramène ses 22 ans. Le standard de leur émission vedette "Dominique Show" est débordé par les auditeurs qui appellent pour formuler leurs vœux ou passer en dérision des éléments de l'actualité. Tel est l'esprit de cette émission qui n'est vieille que de 4 mois.
Venel Remarais, le numéro un, nous confie aborder cet anniversaire avec optimisme certes, mais conscient combien c'est difficile de faire tourner une radio en 2020. « Cela ne concerne pas que Solidarité. C'est le cas pour l'ensemble des radios. C’est difficile de s’assurer de quoi faire tourner la machine", révèle-t-il. Pour le moment il se contente de formuler le vœu d'une stabilité dans le pays. L’homme de 42 ans d'expérience confie avoir été obligé de réduire le nombre des émissions, par exemple, pour tenir face à la succession de tempête que son média et tous les autres ont dû affronter.
Solidarité, à 22 ans, compte une quinzaine d'employés, des émissions sur la culture, l'économie, le sport, mais aussi des éditions de nouvelles qui occupent l'espace entre 5 h a.m. et minuit. « Nous gardons ce souci d'être constamment à la hauteur de notre auditoire exigeant », confie Venel.
De cette exigence à tenir la barre toujours très haut, Nikenson Belvert, qui a rejoint la barque en 2011 et qui travaille comme coordonnateur de la salle des nouvelles, en est témoin et de fait très reconnaissant. « C’est dix ans de ma vie dans une école où l'effort de se surpasser est une règle d'or », dit-il.
Au sujet de la prolifération des radios en ligne, Remarais, en tant que baby boomer, n'y voit point une mauvaise chose mais suggère qu'il propose le professionnalisme et refouler cette obsession du scoop qui s’ouvre en général sur le fake news qui est selon lui une plaie béante pour la presse de nos jours. Steevenson Raphaël, qui officie comme présentateur des nouvelles, se réjouit du fait que ces radios qui poussent comme de l’herbe folle après les pluies de mai puissent garder éveillés les médias traditionnels dont le sien. « Moi, j'aime le fait qu'ils nous encouragent indirectement à nous mette à jour avec les nouvelles technologies », explique-t-il. Pour l’heure, très peu d’émissions sur Radio Solidarité sont disponibles en ligne. Les quelques rares sont l'édition de nouvelles présentée par Venel et "Dominique Show".
Emmanuel Joseph, qui participe à ce show, explique que le format était d'abord une émission de musique konpa, d'où la première appellation "Dominique Kompa Show". Avec le temps, lui et les autres co-animateurs, dont Jean Dominique Beldor, Sabine Séraphin et Vandôme Veronica, sont passés à l'humour sur l'actualité.
Une télé à l'avenir ? L'idée ne tente pas Venel Remarais. « A ce jour je n'ai vu aucun cas de radio transformée en télé qui a connu un succès qui me passionne. La télé coûte cher. Et je ne suis pas à une époque pour prendre de tels risques », confie le capitaine du navire.
Pour les 22 ans, il affirme que cette ouverture vers de nouvelles pratiques comme les podcasts, les "live" été impérative pour Solidarité. C’est tout à fait le même avis de l'ensemble de ses employés qui ont parlé à notre micro. A cet âge il est temps d'être une radio du moment.






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