Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, appelle le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) à mener une enquête sur le bon fonctionnement et le comportement des juges de la juridiction de Port-au-Prince. Trop de dossiers pénaux importants n'avancent pas depuis 2017.
Intervenant sur les ondes de Magik 9, à l’édition du week-end de Panel Magik, le 31 octobre 2020, le défenseur des droits humains a affirmé : « De 2017 à nos jours, il n’y a eu aucun procès. Il n’y a eu aucun bandit jugé pour kidnapping, pour drogue, pour viol ou pour les crimes commis sur la population, alors que la criminalité a accéléré. C’est pour la première fois que sous un régime on compte dix massacres en moins que quatre ans. Malgré les problèmes, l’instabilité, le peyi lòk, le coronavirus, il y a eu des assises criminelles dans toutes les juridictions du pays et même à Port-au-Prince. Cependant dans la juridiction de Port-au-Prince, les dossiers qui marchent sont ceux qui sont liés au pouvoir. Si vous prenez le dossier des mercenaires par exemple, vous pouvez voir comment il y a eu une diligence pour évacuer ce dossier. De même pour celui de la corruption au niveau du Sénat. Ce dossier est arrivé au mois d’août 2019, en plein peyi lòk, cependant, l’ordonnance était déja rendue dès novembre 2019. Je peux avancer plusieurs autres cas du genre. En revanche, si on prend le dossier du massacre de La Saline, une plainte a été déposée au niveau de la justice depuis décembre 2018. Cela va faire bientôt deux ans, pourtant, à cette date le juge chargé de la question n’a appelé, par-devant lui, aucune des personnes indexées dans les rapports des organisations des droits humains, ceux des Nations unies ou encore ceux de la police judiciaire. Ces personnes en question sont soit des bandits qui font partie du G9 ou des autorités qui ont fait ou font partie de l’État. C’est ce qu’on appelle crime d’État, c’est ce qu’on appelle crime contre l’humanité, explique Pierre Espérance, ajoutant que «ces dossiers en général, on les distribue à des juges, selon ce que l'on sait, ne vont pas faire avancer ces dossiers».






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.