L’histoire même de la création du personnage Tanama est digne d’une fable qui ferait un joli livre de contes voire inspirerait un film de science-fiction. C’est depuis que Aton, le père de Djatawo (premier super héros haïtien qui avait sa série dans Le Nouvelliste), effectuait ses études dans la fameuse Altos de Chavon chez nos voisins qu’il s’en est inspiré, il y a quelque 8 ans. « L’école, dit-il, se retrouve dans un paysage hyper verdoyant et renferme  un lieu de mémoire des premiers peuples. Je me disais alors pourquoi ne pas créer une héroïne qui soit une jonction entre ces deux aspects. D’autant plus que j’avais marre du caractère punissant, péjoratif qu’on attribue en général à dame Nature ». Le personnage qu’il baptise Tanama (papillon dans une des langues des premiers peuples de l’île) voit le jour et s’est cantonné pendant huit ans que dans ses cahiers de dessins.

C’est la rencontre avec Hugh Lock, un Canadien fan de son travail, qui fera sortir la super héroïne de son laboratoire. « Ce Canadien qui m’a découvert grâce à un article du magazine Challenges a fait en sorte de me rencontrer. Puisqu’il aime mon travail, naturellement notre conversation tournait autour de mes personnages. Et je lui ai parlé de Tanama sans savoir qu’il cherchait justement un personnage de cet ordre-là ». En effet, Hugh fait partie d’une plateforme du nom de « Small holder farmers », alliance qui a le mérite de remettre Haïti sur la carte de production du coton.