Le symbolisme de ces funérailles nationales accordées au fervent défenseur des droits de l’homme que fut Me Gourgue ne saurait échapper à quiconque. L’homme, qui repose dans cette bière recouverte du drapeau national et gardé par deux hommes en uniforme des forces armées d’Haïti en cette Journée internationale des droits humains, fut un éminent avocat, professeur d’université, qui n’avait jamais hésité à élever la voix pour dénoncer les injustices et les élans totalitaires des régimes qui se sont succédé en Haïti. « Un citoyen intègre et intégral, un patriote convaincu et incorruptible, un défenseur des droits humains solide et persévérant, un captivant orateur », pour reprendre les mots du Monseigneur Mésidor.
Cet homme, qui s’était révélé au grand public lors du procès des Timbres, avait fondé la Ligue haïtienne des droits humains en 1978, sous le règne même de Jean-Claude Duvalier et de ses tontons macoutes. En 1985, Gérard Gourgue a interpellé le président Jean-Claude Duvalier suite au lâche assassinat des enfants des Gonaïves et s’était courageusement exprimé pour demander de « fermer le robinet de sang qui coule dans le pays. L’histoire est en marche. Rien ne peut l’arrêter», rappelle Mgr. Max Leroy Mésidor.






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