« L’art me permet de me ressourcer, de m’évader. » Telle est la première phrase de Gloria Isabelle Sylvain. Le nom de Zébra remonte à la classe de seconde.
« Je me souviens bien, dans un cours de littérature haїtienne, j’avais dessiné un logo dans mon livre et je l’avais nommé Zébra. Un nom qui m’a plu. Puis mes amis ont commencé à m’appeler Zébra. Naturellement, j’ai en fait le choix comme nom d’artiste. »
Zébra est assez jeune dans le milieu du graffiti. Elle a commencé avec le festival Street Art au féminin qui lui a permis de participer à des ateliers de formation.v« Mes oeuvres, le plus souvent surréalistes, sont remplies de couleur. Cette année, je compte me consacrer davantage au graffiti afin de pouvoir améliorer certaines techniques », dit-elle. Dans son travail, l’émancipation féminine est sa principale inspiration. C’est l’une des raisons pour lesquelles la graffeuse peint souvent des têtes de femme. Son amour pour la peinture, elle l'a hérité de grand-mère Aidèle Colbert Sylvain qui était peintre.
La jeune dame était en classe de philo lorsqu’elle a réellement fait ses débuts dans l’art. « Je reconnais que présentement le graffiti est un univers où les femmes sont en minorité, mais je ne suis pas à la recherche de la rivalité, je veux plutôt braquer les projecteurs du public sur le mouvement émergent des graffitis au féminin », explique mademoiselle.
Médecine et Graffiti
Gloria Isabelle Sylvain est actuellement en 2e année à la faculté de médecine à l’université Notre-Dame d’Haїti. Cela n’a pas été facile pour elle de gérer la médecine et l’art (peinture et graffiti). Mais, puisque son métier de graffeuse occupe une place spéciale dans sa vie, elle a toujours fais en sorte de lui accorder du temps. Zébra raconte : « J’ai dû faire preuve de beaucoup de discipline pour éviter que l’art n’affecte pas mes études et vice versa. Mes parents ne sont pas trop enthousiastes à l’idée du graffiti, ils ont toujours voulu que je priorise la médecine. Mais j’ai beaucoup lutté pour les faire respecter ma décision d'être à la fois médecin et graffeuse », indique la jeune femme.
Qu’en est-il de sa participation au festival "Haїti, le Printemps de l’Art"
Pour l’artiste, cet événement est une opportunuité pour la société haitienne de découvrir ou redécouvrir nos artistes contemporains appartenant au monde de l’art. Ce festival est aussi une occasion surtout pour nos jeunes de se récréer sainement, d’apprendre davantage sur l’art et de l’apprécier aussi.
Le dimanche 24 janvier 2021, à l'école St-Joseph de Pétion-Ville (FIC), c'était la première fois que Zébra travaillait en plein jour sans aucune intimité.
« Sans mentir, j’étais un peu stressée au début, mais ce fut une très belle expérience. J’ai appris à vivre l’instant présent tout en évitant de me focaliser sur le résultat final. Ce fut aussi un honneur d’y prendre part en tant que femme, car ces dernières ne sont pas nombreuses dans le monde du graffiti », témoigne-t-elle.
La réalisation de son oeuvre le dimanche 24 janvier lui a pris près de sept heures. C’était une fleur dans un pot. L’artiste apporte des explications : "Elle représente les différentes expositions au festival ; le papillon symbolise le public qui fait la découverte des oeuvres des artistes contemporains. J’ai voulu aussi représenter le climat dans lequel se déroule l’activité, c’est pour cela que la fleur se trouve entre deux barres noires et des traits rouges blancs et violets (symbole des tueries, les actes d’injustice, l’instabilité politique et économique du pays en ce moment).
Originaire de Port-au-Prince, Gloria Isabelle Sylvain (Zébra) a vu le jour un 23 octobre 1999. C’est une femme à la fois perfectionniste, indécise, susceptible, aventureuse, serviable et souriante. Dans sa vie, l’étudiante en médecine et graffeuse sait déjà qu’elle aura dans ses mains un stéthoscope et des sprays.






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