Il est courant de nos jours de perdre la trace de certaines célébrités et de ne plus les croiser dans la nightlife de Port-au-Prince comme elles nous y ont habitués. Par exemple, DJ JeffryMix. Indiquant se porter bien, le jeune homme affirme avoir dû partir afin de gérer des affaires privées. Mais sa décision a été précipitée par un acte d'insécurité vécu alors qu’il revenait d’une soirée programmée à Carrefour. “Je me suis dit que le pays était arrivé à un point de non-retour”, explique-t-il. Son départ d'Haïti ne l’a pas pour autant poussé à abandonner sa passion. “J’exerce toujours comme dj, même si ce n’est plus ma principale activité. J’ai assuré l’animation de certaines soirées au cours de l'été dernier, mais la hausse des cas de Covid-19 a changé une nouvelle fois la donne”, nous informe celui qui s’occupe en livrant des produits pour différentes compagnies.

DJ JeffryMix indique ne pas avoir abandonné le public haitien. Il est en contact constant avec ses fanatiques via les réseaux sociaux. A cet effet, il a initié des séquences régulières de live sur sa page Instagram qui compte près de 65 000 followers. Nostalgique de la période carnavalesque au cours de laquelle il explique avoir vécu de bons moments à Radio Caraïbes où il avait établi son quartier général, il a lancé un live spécifique les samedis soir. N'était-ce les complications liées à la Covid-19, les tests nécessaires à l’aller et au retour, la situation sécuritaire et la crise sociopolitique, il serait rentré en Haïti, explique l'artiste.

Évasif, sur sa situation familiale (qu'il dit préférer garder privée), Norman Guerrier espère que de meilleurs jours viendront au pays. Même s'il prévoit de fournir des mix au public, il ne faut pas s'attendre pour autant à une mixtape du dj. "Le marché a changé, et cela ne correspond plus à la catégorie à laquelle j'appartiens, indique-t-il, en affirmant qu'il y une amalgame autour des mixtapes, mix et podcasts. Selon lui, la majorité des disc-jockeys font une erreur. "Un mix dure 3 à 4 minutes. Une mixtape garde le même format qu'un mix, à la seule différence, il dure soixante minutes. Et dès qu'on anime sur une mixtape, il devient un podcast", souligne celui qui avoue toujours produire des mix. 

En ces temps de Covid-19, le jeune homme exorte au respect des méthodes de prévention de la maladie ainsi qu'à la prudence par rapport à l'insécurité.