Qu’est-ce qu’ont bien pu faire les réfugiés de la place de Fontamara pour mériter un tel sort ? Depuis mardi, fuyant les pluies de balles, des familles de Martissant: enfants, femmes enceintes, personnes âgées ont dû abandonner maisons et effets personnels pour se réfugier, à la belle étoile, sur des places publiques. Des gens ont été remarqués pieds nus, torse nu, sans doute affamés, courant comme des fous pour échapper à la fureur des gangs qui défient les forces de l’ordre absentes, conquièrent des territoires et paradent sur les réseaux sociaux. Les habitants de Martissant, comme ceux de Bel-Air et d’autres quartiers «chauds» font une nouvelle fois les frais d’un conflit entre gangs rivaux qui s’étaient pourtant unifiés au sein du G-9 (fédération des principaux gangs de la capitale). Personne ne sait combien de vies ont déjà été emportées dans ces conflits. Pour une raison que l’on ignore, la paix apparente constatée depuis un mois est troublée. Les familles, contraintes de quitter leur toit, payent aussi la mauvaise foi des autorités qui sont de connivence avec les bandits armés.
Depuis mardi, l’entrée sud de Port-au-Prince est à nouveau sous le contrôle de bandits armés. Toute personne en provenance du grand Sud doit trouver un endroit où passer la nuit. Les commerçants doivent liquider ce qui peut l'être et jeter ce qui ne peut pas être conservé.


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