Indigné. Méprisé. Révolté. Le sang coule à flots dans les rues. Les humains s’entretuent et leur vie est achalandée dans une vague ignorance. Il y a cette campagne pour les tombeaux blanchis qui nous empêche d’y voir clair, tant que ce qui nous fait être n’est plus humain ; ce qui nous fait vivre n’existe plus ; ce pour quoi nous vivons est indescriptible. Une parfaite cohabitation entre le mental qui nous fait peur et le social qui nous tue à petit feu nous porte à dilater la barrière de l’identité pour ne plus être comme avant, pour ne plus être tout simplement. Qui peut prétendre pouvoir parler d’humains dans cet espace où nous formons un vrai corps social à l’impunité ? Est-ce bien le début d’une ère malléole ou a-t-elle déjà commencé ?  Pourquoi avons-nous foi en notre instinct plus que tout ? À quel moment la raison de ces victimes s'est-elle dessinée à l’envers ? Qui a tué qui ? Qui est mort avant qui ? Celui qui est tué ou celui qu’on a armé pour se désâmer socialement ? 

Face à ces interrogations, je me trouve entre ce qui est dit et ce qui n’est pas dit. Je veux juste dire que tout est plus compliqué qu’on ne le croit. L’on saura un jour que la spontanéité est confectionnée quelques années auparavant. Que ce ne soit pas trop tard pour se ressaisir et réorienter la roue. Mais quelque pessimiste que cela puisse paraître, on n’a pas le droit d’attendre le meilleur quand on sait que rien n’a été fait pour cela. Non ! ce n’est pas une nouvelle donne. C’est ce qui a été construit depuis toujours. S’attendre à un changement réel est encore anodin quand on s’investit sans arrêt dans la fin de l’humain.