Alors que l’international met la pression pour l’organisation d’élections cette année 2021 et que l’exécutif entend mettre le cap sur le scrutin après la tenue du référendum constitutionnel auquel il s’accroche mordicus, Me Samuel Madistin tire la sonnette d’alarme sur les conséquences d'un tel choix. « Il est techniquement impossible pour la PNH de garantir une journée électorale dans les conditions actuelles. La police n’a pas la capacité d’être présente dans tous les bureaux de vote. Elle n’a pas l’effectif adéquat ni les moyens logistiques de sécuriser le processus électoral sur toute l’étendue du territoire », a avancé Me Madistin tout en soulignant que près de 60% des membres de la PNH sont actuellement en détachement avec des officiels et autres personnalités du monde des affaires.

L'homme de loi rappelle que toute consultation populaire implique la distribution, le stockage, la récupération de matériel sensible. Comment la police pourra-t-elle acheminer les bulletins électoraux aujourd’hui en Haïti dans ce contexte où la libre circulation des personnes et des biens n’est pas garantie ? Un peu partout à travers le pays, les routes sont bloquées pour 24 ou 72 heures, ce qui rend impossible les déplacements d’une région à une autre. D’ailleurs, souligne-t-il, « c’est la première fois que la PNH va faire face, elle seule, à des journées électorales. Elle a toujours eu le support de forces étrangères. Dans ce climat hostile, comment pensez-vous que la PNH va pouvoir distribuer les bulletins de vote ? »