L’assassinat crapuleux du président Jovenel Moïse dans la nuit du 6 au 7 juillet marque le point culminant de l’insécurité et de la criminalité politiques en Haïti au cours des dernières années. Il ramène le pays près d’un siècle en arrière lors du lynchage du président Vilbrun Guillaume Sam assassiné le 28 juillet 1915 à Port-au-Prince. Contrairement à Jovenel Moise, il s’agissait d’une révolte populaire.

L’insécurité et la criminalité politiques remontent à la naissance de la première république noire du monde. Le père fondateur de la nation, Jean-Jacques Dessalines, a d’ailleurs été assassiné le 17 octobre 1806, moins de trois ans après l’indépendance nationale proclamée le 1er janvier 1804. Sylvain Salnave, né le 7 février 1826 au Cap-Haïtien, qui dirigea le pays du 14 juin 1867 au 10 janvier 1870, a été jugé de façon expéditive et exécuté le 15 janvier 1870 par son successeur, Nissage Saget. Le président Cincinnatus Leconte, descendant d’un fils de Jean-Jacques Dessalines, est mort aussi assassiné le 8 août 1912 à Port-au-Prince. Une vague de violences politiques va conduire à l’occupation américaine du pays du 28 juillet 1915 au 1er août 1934.