Suite à l’assassinat du président de la République Jovenel Moïse, la Fédération des barreaux d’Haïti (FBH), tiraillée entre stupeur et consternation, condamne sans nuance cette impressionnante démonstration de force et présente ses condoléances aux proches du défunt et vœux de rétablissement à sa femme madame Martine Moïse. Pour la FBH, ce crime qui survient onze mois après l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval marque une nouvelle étape dans la désintégration des institutions républicaines, déroulant à l’extrême le scénario de vide constitutionnel enclenché depuis des mois. « Cet acte criminel s’inscrit dans un contexte de dégradation accélérée du climat sécuritaire qui se nourrit du dysfonctionnement général du système judiciaire et de l’exacerbation corrélative d’une culture de l’impunité. Depuis des mois, les innombrables demandes de justice restent vaines alors que rien n’est fait pour porter assistance aux milliers de victimes », précise la FBH dans cette note datée du 9 juillet 2021. Tout en manifestant sa volonté de s’associer aux autres acteurs de la société civile pour contribuer au rétablissement de l’ordre démocratique, la FBH croit « qu’une enquête indépendante et impartiale est indispensable pour identifier, poursuivre et condamner les auteurs matériels et intellectuels de cet assassinat, dans le respect des droits de toutes et de tous. »
De son côté, le barreau de Port-au-Prince, qui estime que « la mort de M. Jovenel Moïse qui occupait la présidence, survenue dans des conditions qui renvoient à des pratiques infra-étatiques, illustre le niveau d’effondrement planifié de l’État même ». L’ultime signe de la déliquescence des institutions étatiques incapables d’assurer leur mission régalienne, et tout particulièrement celle de garantir le droit constitutionnel à la vie. Tout en présentant condoléances à la famille du défunt et prompt rétablissement à la première dame à travers cette note du 8 juillet 2021, le barreau de Port-au-Prince demande, en la circonstance, qu’une enquête fiable soit diligentée en vue de permettre à la justice de sévir, dans un délai raisonnable, contre les auteurs d’un crime aussi féroce et barbare. « Le Conseil, fidèle à son souci de voir s’établir un État de droit en Haïti, invite les autorités étatiques constituées à se réapproprier la fonction régalienne en matière de protection des vies et des biens. Il leur demande, en particulier, de créer les conditions d’un retour à la normalité démocratique, pouvant seule garantir la stabilité politique, la sécurité juridique et le développement économique », lit-on en conclusion de cette note du barreau de Port-au-Prince qui continue de réclamer justice pour le bâtonnier Monferrier Dorval.






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