« Il n’y a pas de gazoline », a lancé un pompiste à un automobiliste, aux premières heures de la journée, à une station à essence au Canapé-Vert, mercredi 4 août 2021. Ces derniers jours, la pénurie de gazoline s’est corsée et le diesel, après l’arrivage de 200 000 barils, est à nouveau disponible. Sur le marché où l’on jongle avec les pénuries, des automobilistes se ruent sur les rares stations qui « donnent du gaz ». Ils prennent leur mal en patience, constituent, quand c’est possible, de petits stocks pour éviter de payer le prix du marché noir. « Cela dépend. J’ai payé 400 gourdes un gallon de gazoline », a pesté Gérard, un automobiliste qui refuse ce nouveau normal.
Si le ministère de l’Economie et des Finances (MEF), selon une source digne de foi, a payé 20 millions de dollars pour une cargaison de gazoline « qui doit arriver mercredi soir », personne ne se fait d’illusion quant à un retour à la normale de sitôt sur le marché pétrolier. Et pour cause. « Les stations-services ne reçoivent que 50 % du volume commandé. Pour s’approvisionner au terminal de Varreux, des camions passent parfois 4 à 5 jours. Des camions paient entre 15 et 25 000 gourdes aux gangs pour avoir le droit de faire le plein. Mais de plus en plus, des camions revendent le produit au marché noir. Sur le marché noir, les prix explosent. Le consommateur paie un gallon de gazoline entre 450 et 600 gourdes », a indiqué un opérateur du secteur. « Il y a aussi les camions qui prennent le chemin de la frontière avec la République dominicaine. Là-bas, la gazoline est plus chère,», a confié une source proche du secteur. L’essence en provenance d’Haïti est très demandée.






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