Après la rue des Remparts, la rue Tiremasse, la rue Macajoux, la rue des Césars, la rue des Fronts-Forts, c’est aujourd’hui la rue des Miracles qui s’ajoute quasi-définitivement sur la liste des espaces du centre-ville de Port-au-Prince, conquis par les bandes armées.  Les lundi 7 et mardi 8 février sont marqués par la présence d’hommes armés qui opéraient à visière levée à la rue des Miracles. Ces bandits ont fait un feu nourri, saccagé les tréteaux et étals des vendeuses et poussé les entreprises commerciales et le petit commerce à fermer boutique. Les marchands ambulants, les potentiels acheteurs et les passants ont, depuis, déserté la rue des Miracles qui devient un no man’s land.

Haut lieu légendaire de la débrouillardise légendaire haïtienne, poumon de l’économie populaire et espace historique et culturel très prisé par les romanciers, le bord de mer voit au fil des années ses espaces se rétrécir face à l’appétit de plus en plus insatiable des bandits armés. Ces derniers progressent, saccagent, rançonnent, volent, violent, kidnappent impunément de jour comme de nuit dans une capitale où les autorités ont d’autres priorités que celle de défendre, protéger les vies et les biens.