Mardi 8 mars. Il est 13 heures. La voie est libre à la Bibliothèque nationale d'Haïti (BNH), gardienne de toute œuvre de la pensée haïtienne. Des pneus usagés entreposés devant la barrière métallique servant à monter une barricade contre le garage ambulant détourne l'attention. Pas de lecteurs à se bousculer pour un bouquin. L'insécurité au bas de la ville les décourage. L'inconfort qui y règne devient aussi un motif de cette désertion.

La cour est sombre. L'air frais parcourant la cour dissuade lecteurs et visiteurs d'investir l'enceinte du bâtiment. Une chaleur torride conquit les locaux.  On sue à grosses gouttes. Attablés, quatre personnes sont sur place. « Les livres sont soumis à une température extrême à la Bibliothèque nationale d'Haïti depuis plusieurs mois. Les bouquins sont fragiles à la variation de la température, signale un employé à la question de savoir si la chaleur ne nuit pas. La chaleur altère l’endurance du papier », confie un employé de l'institution. La génératrice, depuis quatre mois, est tombée en panne. Rien ne va plus à la plus grande bibliothèque publique du pays. En effet, l’Ed'H alimente de moins en moins le centre-ville. Et pour enfoncer le clou, le système de climatisation ne fonctionne plus.