À l’exception des ministres, tous les comptes des ordonnateurs redevables par-devant la Cour supérieure des comptes dans la gestion du fonds PetroCaribe seront jugés, ont confié trois conseillers interrogés par le journal Le Nouvelliste fin février 2022. « Le délai pour la tenue des procès a expiré. On devait les juger avant la fin de l’année 2021 », a indiqué l’un des conseillers avant d’égrener le chapelet des obstacles rencontrés. « Il y a eu un problème de rétention d’informations et d’absence de volonté de l’administration qui refuse de se soumettre aux principes de la bonne gouvernance et de reddition des comptes », a-t-il fait savoir, expliquant qu’après la publication des rapports sur la gestion du fonds PetroCaribe, la Cour n’a pas encore reçu toutes les informations pour pouvoir effectuer des audits globaux des institutions et ordonnateurs. La CSC/CA entend mettre les bouchées doubles pour finaliser les dossiers des ordonnateurs concernés . « Après, jugement », a confié un autre conseiller, expliquant que certaines institutions ont communiqué des informations incomplètes. « Nous n’avons pas pu organiser l’audit global souhaité », a-t-il poursuivi, soulignant également les mises en place de la CSCCA pour « auditer toutes institutions publiques jusqu’au 30 septembre 2022 ».
Le jugement des comptes des ordonnateurs redevables par-devant la Cour « serait une bonne chose », a précisé au journal Le Nouvelliste Marie Rosie Auguste Ducenat du RNDDH. Le jugement de ces comptes devrait permettre au tribunal de droit commun de faire son travail par rapport à ceux qui se seraient rendus coupables de l’infraction de corruption. « On pense que si la Cour pouvait compléter son dossier ce serait de bonne guerre. D’autant plus qu’à ce moment-là le tribunal de droit commun trouverait des éléments sur lesquels se baser pour condamner ces mêmes personnes », a indiqué Marie Rosie Auguste Ducenat. L’ex-sénateur Youri Latortue, auteur pour le compte du Sénat du premier rapport sur la gestion du fonds PetroCaribe, a indiqué que l’on attendait «depuis longtemps les arrêts de quitus et de débet ». « Au niveau du tribunal de droit commun, sont identifiés beaucoup de problèmes avec l’instruction du dossier PetroCaribe mais au niveau de la juridiction administrative, si l'on rend les arrêts, c’est déjà un pas important pour le pays », a souligné Youri Latortue.






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