Son grade de docteure en relations internationales et diplomatie fraichement en poche, Maryse Saint-Pierre Cyprien, 44 ans, est ministre-conseiller au sein de la délégation permanente d'Haïti auprès de l’UNESCO. Véritable Hard worker, cette femme au caractère fort est un modèle de persévérance. Malgré le lourd traumatisme qu’elle traine du tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’ex-conseiller de l’Ambassade d'Haïti à Paris s’est donné les moyens d’avancer. Privée de sa jambe gauche, son histoire et son parcours sont la preuve que la volonté peut venir à bout des souvenirs et des cicatrices les plus douloureux.

Nous sommes jeudi après-midi, dans le cadre enchanteur d’un restaurant parisien dans le 7e arrondissement. 18 h 30, c’est l’heure à laquelle nous avons rendez-vous pour que Madame la diplomate me raconte sa vie dans les détails. C’est notre première rencontre et elle passe la porte avec ce sourire chaleureux qui rayonnera sur son visage d’enfant tout au long de notre entretien. Maquillage léger, du rouge sur les lèvres, des cheveux ondulés lui tombant sur les épaules, un petit foulard marron, complétant la robe bleu marine qu’elle porte. La native de Petite-Rivière-de- l’Artibonite s’asseye en face de moi, toute timide. C’est une personne réservée, mais celle qui se fait aussi appeler MC par son entourage la décrivant comme une dame au grand cœur se sent vite en confiance et c’est un bout de femme enjouée et d’une gentillesse inouïe qui s’ouvre à moi. Aucun moment de silence ne s’installe au cours de notre conversation qui s'étale sur plus de deux heures.