Pare-choc contre pare-choc, des véhicules usent leurs « clutchs » pour affronter la pente de la rue Dalencourt pour sortir du Canapé Vert et entrer à Bourdon, peu après treize heures. Sans prêter attention à une vieille femme qui mendie, un marchand de «papita », la cinquantaine, chemise à carreaux, casquette sur la tête, visage raviné par la sueur récoltée de ses va-et-vient, cherche les regards d’automobilistes ayant un creux, un besoin du sel saupoudrant les délicieuses fines tranches de plantains frites, le fameux Papita.
« 35 gourdes le sachet ! », lance-t-il, à quelques mètres de la lisière de l’imposant mur de soutènement de la clôture de l’école Charité de Saint-Louis (Mè Bourdon). « 3 pou 100 goud », négocie l’acheteur, début mars 2022. Deal. C’est fait. Même s’il n’y a aucun moyen de savoir le poids, le dosage en sel, en graisse, encore moins la date de fabrication celle d'expiration, ce snack est adoré par des Haïtiens, surtout à Port-au-Prince.






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