Le vice-président de la Banque mondiale pour la région Amérique latine et Caraïbes, Carlo Felipe Jaramillo, a dit identifier l’insécurité comme « le principal obstacle » auquel Haïti est confronté pour relancer son  économie après trois ans de récession et le choc inflationniste lié à la guerre en Ukraine. « Les trois dernières années, l’économie haïtienne était en récession. Le choc de la guerre en Ukraine n’aide pas. Cette situation provoque le renchérissement des prix de la nourriture, de l’essence et des fertilisants. Mais ma perception est que le principal obstacle auquel Haïti est confronté aujourd’hui pour revivifier son économie est l’insécurité », a-t-il fait savoir dans une interview exclusive accordée au Nouvelliste, mercredi 4 mai, à l’hôtel Montana, qui offre une vue imprenable sur la plaine du Cul-de-Sac où la guerre des gangs a fait, selon la Protection civile, au moins 40 morts, 8 disparus, 9000 déplacés et provoqué l’arrêt pendant plus de huit jours de la quasi-totalité des activités économiques dans cette zone de la région métropolitaine. «  Sans sécurité, les gens ont peur d’aller travailler, d’aller à l’école. Ils quittent le pays, ne créent pas d’emplois ou réduisent  le nombre d’emplois », a indiqué Carlo Felipe Jaramillo, soulignant qu’il voit « cela comme le plus important défi auquel Haïti est confronté ».

Pour le vice-président de la Banque mondiale pour la région Amérique latine et Caraïbes, le gouvernement est bien conscient de l'effet négatif de la situation sécuritaire. « J'ai aussi parlé aux partenaires du développement qui essaient d'aider. J’espère que le gouvernement et les partenaires parviendront à trouver une solution à cette situation », a dit Carlo Felipe Jaramillo, qui a appelé à la résolution de la crise politique. « Les Haïtiens eux-mêmes ont besoin de trouver un accord politique pour résoudre la situation », a soutenu Carlo Felipe Jaramillo, qui a renouvelé l’engagement de la Banque mondiale, un « partenaire fiable », aux côtés d’Haïti. « Nous continuerons de supporter les programmes pour continuer à améliorer les conditions de vie de la population », a-t-il garanti.