Une part significative de la fluctuation du prix du dollar par rapport à la gourde, couramment appelé taux de change, est due au pouvoir de marché des banques commerciales. Ce pouvoir est d’autant plus important que le nombre de banques est restreint ou la concentration est grande. Ce pouvoir est encore plus important quand les plus grandes banques occupent une fraction très importante du marché financier. Cette structure particulière de marché  se nomme oligopole. Ce pouvoir de marché conféré par l’oligopole amplifie le potentiel de spéculation des banques commerciales. Évidemment, à part ces banques, il existe d'autres opérateurs dominants qui manipulent le taux de change au niveau du secteur financier et du marché des biens et services.

C’est cet effet de spéculation que l’on a observé  en 1994 quand le taux de référence est passé de 21.49 gourdes en août à 12.95 gourdes en décembre, soit une baisse de 40 % en quatre mois. Il a fallu attendre six ans, en août 2000, pour qu’il repasse à 21.63 gourdes. On a constaté une autre chute significative entre mars et juin 2004 quand le taux de référence est passé de 44 gourdes à 35.74 gourdes, une diminution de 19 % en trois mois. Il s’est passé dix ans avant de dépasser le niveau de mars 2004 et d'atteindre 44.02 gourdes en janvier 2014. Un nouvel épisode de chute brutale avait été observé en 2020 avec un taux de 119 gourdes le 28 juillet contre 62.5 gourdes le 28 octobre, ce qui représente une baisse de 40.5 % sur trois mois. Va-t-on observer le même phénomène en 2022 sur le marché formel des changes ? Attendons de voir.