« La haine, la vengeance entre les habitants. L'eau sera perdue. Vous avez offert des sacrifices aux lwa, vous avez offert le sang de poules et des cabris pour faire tomber la pluie, ça n'a servi à rien. Parce que ce qui compte c'est le sacrifice de l'homme. C'est le sang du nègre. Va trouver la réconciliation, la réconciliation pour que la vie recommence, pour que le jour se lève sur la rosée ». Le ton est donné dans le roman de Jacques Roumain, « Gouverneurs de la rosée ». Dans ce classique publié après la mort du romancier (1907-1944), cette parole de réconciliation, d’unité prolonge l’effort de dépassement consenti par les héros de Vertières.

Le personnage Manuel de Roumain est une grande âme, un emblème de la non-violence, un symbole de l’unité jusqu’au dernier souffle de sa vie. C’est lui, le fils de Délira et Bienaimé, un couple de paysans. C’est lui l’artisan de la paix dans ce Fond-Rouge traversé par la division, le chen manje chen qui bloque l’esprit créateur dans la communauté.