Selon l’Institut haïtien de statistiques et d’informatique (IHSI), l’ICAE du secteur agricole pour le troisième trimestre de l’exercice écoulé a enregistré une décroissance en glissement annuel de 5.2 %. Cette évolution négative du trimestre est consécutive à une baisse des deux sous-branches, en l'occurrence la branche agricole et les activités extractives. Tout cela a conduit à une forte variation cumulée négative, d'octobre à juin, de 5.7 %. Pour la branche agricole, cette décroissance est sur le point de devenir chronique. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les conditions de vie des ménages pauvres, notamment les ménages ruraux. Plus que l’insécurité, Aldago Dorisca, agroéconomiste et professeur d’économie rurale, explique cette situation par un long processus de destruction continue de la chaine de valeur agricole, tenant compte du poids actuel de l’agriculture dans l’économie du pays.
L’évolution de l’agriculture haïtienne, explique-t-il, est caractérisée pendant ces trente dernières années par un processus de détérioration institutionnelle, entrainant une contraction économique. Elle se traduit, poursuit-il, par le déclin des exportations agricoles ainsi qu’une incapacité croissante à couvrir les besoins alimentaires. Il n’a pas non plus minimisé le poids de la politique de libéralisation de l’économie haïtienne initiée depuis 1987 avec le programme d’ajustement structurel, lequel a été renforcé en 1994. Cette décision malheureuse, soutient-il, a provoqué la fermeture de nombreuses entreprises de production et renforcé le processus de décapitalisation des entrepreneurs de la chaine de valeur agroalimentaire, l’accroissement du chômage, la baisse des revenus et l'accélération des migrations.




Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.