Le budget initial pour l’exercice 2022-2023 n’aborde pas les défis économiques urgents auxquels le pays fait face durant ces deux dernières années, a avancé le Dr en économie Frédéric Gérald Chéry à la matinale du week-end de Magik 9. Les mesures annoncées qui semblent être une réponse aux problèmes présents et pressants sont superficielles, a analysé l’économiste. « Ils ont mis en place un système national de protection sociale [...]; on a l’impression que l’État encourage uniquement l'assistance aux pauvres, sans encourager le développement économique. C’est comme si la protection sociale allait se reposer sur le budget », a détaillé Frédéric Gérald Chéry.
Commentant les modifications apportées à la loi du 9 octobre 2022 qui prévoit entre autres des avantages fiscaux à certaines entreprises, le professeur Chéry a déclaré que les entreprises ne souffrent pas de problèmes fiscaux ou de taxation. Il a considéré le secteur agricole qui nécessite, selon lui, la coordination des débouchés pour ses productions et des infrastructures. « Le secteur agricole haïtien possède le personnel le plus qualifié dans l’économie haïtienne. Ce secteur a le plus de potentiel en termes de main-d'œuvre qualifiée. Il faut une coordination entre ceux qui sont qualifiés, le ministère de l'Agriculture et l’État en général. Il leur faut une politique qui favorise des débouchés à leur production tant en Haïti qu’à l’étranger. Ensuite, il y a toute une série d'infrastructures agricoles à mettre sur pied. Si ces mesures ne sont pas prises, les mesures fiscales auront très peu d’effets. Le budget tel que présenté sous-tend que les acteurs sont déjà bien organisés, qu'il ne leur manque que de petites mesures au niveau fiscal, et ça va leur permettre de se relancer. Actuellement il y a un problème de routes qui est posé, les routes qui devraient permettre à la production agricole d'être transportée d'un lieu à un autre manquent à l’appel », a noté M. Chéry.






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