« À mon âge, le futur est derrière moi. Je ne rêve ni d’argent, ni de jeunesse, ni d’aventure, ce n’est pas mon tempérament, me remarier, par exemple, non ! », s’écrie Mirlande Hyppolite Manigat qui promet d’entrée de jeu de répondre à toutes les questions, même les plus osées, avant de partir d’un grand rire. Un rire sincère qui emplit l’atmosphère et casse d’emblée le mythe du personnage austère, sévère et rigide que ses étudiants ou ses observateurs lui collent volontiers. Mirlande Manigat, 83 ans le 3 novembre prochain, souhaite sûrement vivre quelques années de plus ; disait rêver d’une place au Conseil Constitutionnel si jamais on le met en place, quand on l’a rencontré en 2021; mais ne désire rien que l’or et l’argent puissent acheter. 

Dans ce superbe tailleur que l’on croirait avoir déjà vu tant elle est demeurée fidèle à sa garde-robe malgré les années, Mme Manigat rayonne. Cheveux blancs retenus en un chignon et lunettes à monture dorées, bijoux assortis, elle renvoie l’image d’une femme satisfaite de sa vie. De grandes joies, quelques mauvais coups, mais aucun regret pour celle qui récemment a été désignée pour représenter la classe politique au sein du Haut Conseil de la transition structure prévue par l’accord du 21 décembre portant sur le « Consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes ».