Le spectacle aurait dû démarrer à 8 heures pile. Ici, ils sont généralement à l’heure. Mais pas ce soir-là. Il était 8 :16 p.m. et le public attendait encore que quelqu’un se pointe ou dise quelque chose. Un comédien finit par faire son apparition. Ce fut là, la première partie du show. Pendant une bonne trentaine de minutes, ce dernier a égrené des blagues, certaines salaces avec la femme latine au centre. On ne s’attaque pas ainsi aux communautés ici, à moins d’en faire partie. Et là encore… Bref, merci, mais on attend Marc Anthony.

Et l’assistance a dû encore attendre une bonne dizaine de minutes avant que la star de la soirée ne fasse son apparition afin que la fête puisse commencer. Entre-temps, ma voisine de siège m’a demandé l’air intrigué : « Tu es bien jeune pour écouter et aimer Marc Anthony, non ? ». À moi de la dérouter sur mon âge (entre nous, c’est quoi le rapport avec mon âge ?) et de lui apprendre que les Haïtiens de ma génération ont grandi en écoutant les tubes de Marc Anthony. Chez moi, on écoute de tout et nous sommes très influencés par ce qui marche aux États-Unis et/ou en France. On s’entend finalement sur le fait que la salsa se meurt.