Une culture de la violence est installée à Port-au-Prince comme dans plusieurs villes d’Haïti. Elle ne date pas d’hier. Partout, dans toutes les conversations : bwa kale, zam pale reviennent avec des prises de positions tranchées. Colère. Tempérance. Lassitude. Prudence. Mutisme. Chacun adopte une attitude par rapport à la violence urbaine qu’il vit dans sa chair et au sens qu’il l’attribue selon son expérience du fait et de sa conscience. Sans nous en rendre compte, les structures élaborées que crée notre esprit pour valider ce qui se passe dans notre société donnent des sueurs froides pour peu que l’on prenne ses distances avec les opinions à la mode ; pour peu que l’on remette en question les idées qui se consomment à chaud dans les médias traditionnels et en ligne.

Avec la montée de la violence, les esprits s’échauffent. Œil pour œil, dent pour dent, vengeance pour vengeance reviennent en force dans les discours. Est-ce la voie à suivre pour une société plombée par la question de l’injustice depuis le berceau ?