Il n’existe pas de crimes imaginables qui n’ont pas été commis à Martissant ces deux dernières années. Le mardi 1er juin 2021, les groupes armés en conflit ont chamboulé irréversiblement la vie de dizaines de milliers d’habitants dans cette banlieue de Port-au-Prince et conséquemment la vie de millions de gens dans les quatre départements du grand Sud. Deux ans après, Martissant demeure le symbole de l’inaction et de l'échec des autorités du pays dans la guerre contre les gangs et la preuve de la faillite d’un État.
Je revois, deux ans après, le visage de cette adolescente de 16 ans qui vivait à Martissant 4, violée par plusieurs bandits en présence de son père et de son petit frère. Au centre sportif de Carrefour où elle et sa famille s’étaient réfugiées après les attaques, elle me racontait, la tête baissée en rongeant ses ongles jusqu’au sang, toute l’atrocité du viol collectif dont elle a été victime.






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