Le 29 octobre, Nayib Bukele a promis aux Haïtiens, en créole, que ses soldats ne venaient pas envahir leur pays et repartiraient leur mission accomplie. Il a déjà envoyé quelque deux mille hommes, engagé sa réputation et accepté, selon ses propres déclarations, de payer 90 % des dépenses. Ce déploiement répond à la disparition de quatre militaires, mais sert aussi des intérêts politiques et diplomatiques. Ses soldats peuvent remporter des combats. Ils ne peuvent, à eux seuls, rendre la paix durable. C’est tout le pari de Bukele, et toute la responsabilité de l’État haïtien.

Le 18 octobre 2026, à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, quatre techniciens de l’aviation salvadorienne disparaissent après une embuscade contre un blindé de la Force de répression des gangs (FRG). Trois jours plus tard, Nayib Bukele ordonne aux chefs de gangs de les rendre vivants et indemnes. Les renforts arrivent dès le 22 octobre. Le 28, le contingent atteint environ deux mille soldats. Le lendemain, le président salvadorien assure aux Haïtiens qu’il ne s’agit pas d’une invasion. Le 31, Donald Trump confirme l’avoir encouragé à agir.