2023 s’écoule lentement. Déjà six mois et au pays du futur compliqué par excellence, on peut faire le bilan du mois de juin, mois qui marque la fin de la première partie de l’année.

La première chose à dire est que le pays continue de vivre avec un climat sécuritaire allégé. C’est le cas depuis fin avril. Il y a encore des quartiers chauds mais moins qu’au début de l’année.

La foire Livres en Folie a pu se tenir en juin. Première activité grand public de 2023, le livre et la lecture y étaient à la fête. La foule est sortie pour le plaisir ce qui est très rare de nos jours.

Autre bonne nouvelle de juin deux entreprises du secteur privé ont annoncé de nouveaux investissements. Barbancourt est devenu un groupe, propose d’autres produits et exporte de plus en plus à l’étranger. Les supermarchés Délimart ont réouvert leur succursale de Delmas, la plus grande du groupe. En ces temps de vaches maigres la création d’emplois est à saluer.

Dans le champ économique, la gourde a continuer à se renforcer en juin et l’inflation a décru en mai. Ces indicateurs majeurs affichent des performances inattendues pendant que le Fonds Monétaire International (FMI) félicite quasiment le gouvernement haïtien pour ses efforts.

Signe de la résilience du pays le système de paiements et de virement de la Banque de la République d’Haïti a connu une panne majeure qui n’a pas provoqué de bouleversement. Le calme a gagné le match contre la panique.

Juin a été aussi un mois très politique. Après la réunion du Haut Conseil de la Transition en mai, c’est en juin que tous les acteurs de la crise politique haïtienne se sont assis dans une même salle pour la première fois en deux ans. C’était à la Jamaïque mais l’important c’était le symbole même si rien de concret n’est sorti de la rencontre.

Ce même mois de juin, la vice-présidente des États-Unis d’Amérique a apporté son soutien au premier ministre Ariel Henry. La chef du BINUH en a fait de même. Les directrices du PAM et de l’UNICEF ont visité le pays ainsi que l’expert des Nations Unies pour les droits humains. A chaque rencontre internationale Haïti a reçu appuis et encouragements.

Deux ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, un premier suspect a été condamné aux USA à la prison à vie au début du mois de juin pendant que le juge haïtien en charge du dossier fait défilé le ban et l’arrière ban dans son bureau. Il y a eu des poursuites pour suspicion de corruption.

Si le Canada hésite à s’engager concrètement, ce mois de juin a vu la poursuite de la politique des sanctions. Le président du comité des sanctions de l’ONU était de passage en Haïti et s’apprête à remette ses conclusions au Conseil de sécurité.

Sommet aux Bahamas, sommet à Paris, Assemblée générale de l’Organisation des États Américains (OEA), sommet à la Jamaïque et autres rencontres diplomatiques ont ponctué le mois de juin et juillet s’annonce déjà avec la visite du Secrétaire général de l’ONU en Haïti et un rendez-vous entre le premier ministre Ariel Henry et le Secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken.

Pour ne rien gâcher au palmarès de ce mois de juin, la sélection nationale haïtienne de football est engagée dans la Gold Cup, Haïti est représenté au Salvador dans plusieurs disciplines sportives pour les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes et les athlètes haïtiens ont décroché des médailles aux Special Olympics 2023 de Berlin.

Juin a été un mois rempli, juillet doit apporter mieux.