«Ruptures et compromis l’écriture d’une nouvelle histoire économique d’Haïti pour intégrer la modernité», tel est le titre du nouvel ouvrage de Mathias Pierre publié cette année chez C3 éditions. Ingénieur de formation, entrepreneur à succès converti politicien, Mathias Pierre cherche à comprendre pourquoi Haïti persiste dans la violence et peine à prendre la voie de la modernité. Dès 2017-2018, l’auteur, à partir des échanges avec son mentor Anthony Barbier, à qui il rend hommage, dit avoir compris qu’Haïti entame déjà une phase de transition vers une grande rupture, mais il faut un déclencheur pour activer ou hâter le processus et sauter les verrous d’accès à ladite rupture. Qu’est-ce qui peut-être ce déclencheur? Anthony Barbier est mort sans aider Mathias Pierre à trouver la réponse. Dans cet ouvrage à deux volumes, M. Pierre tente de répondre à la question.

Dans la compréhension de l’auteur, les confrontations dans une société sont étroitement liées aux répartitions des richesses et des privilèges. « Il y a toujours des groupes forts qui accaparent les riches et des privilèges par la force, en faisant usage de la violence, et d’autres qui résistent par tous les moyens pour remplacer ou, certainement, pour en obtenir une part, parfois pour une répartition équitable incluant les plus faibles », écrit-il dans la préface du volume I de l’ouvrage. Le contraire est aussi vrai pour lui. « Il peut y avoir stabilité lorsqu’il y a équité dans des répartitions ou violence lorsqu’il y a exploitation à outrance d’un groupe par un autre ou encore exclusion sociale », poursuit-il. Il a par ailleurs affirmé sans risque d’être démenti qu’il faut un équilibre entre l’économie et la politique pour une stabilité politique.