Jusqu'ici, le Comité de normalisation de la Fédération haïtienne de football, dans bien des cas, ne fait que marcher sur les traces de l’ancienne administration de la FHF en nommant à la tête des Grenadières des entraîneurs étrangers.

Les entraîneurs étrangers aux commandes d’Haïti
 
Quatre entraîneurs étrangers, le Polonais Shek Borkowski (2012-2017), le Trinidadien Stefan Defour (2018-2019), le Français Laurent Mortel (2020) et son compatriote Nicolas Delépine (2022-2023), se sont succédés à la tête de la sélection féminine haïtienne de football de 2012 à 2023. Si le premier n’avait rien apporté, en termes de résultats, ses deux successeurs, Defour et Mortel, ne sont pas en reste. Bien qu’il soit vivement critiqué, celui qui vient d’annoncer sa démission au lendemain de la première participation d'une équipe haïtienne féminine à la Coupe du monde, a conduit les Grenadières à une qualification historique avant la débâcle en Australie.
 
Pour chacun de ces entraîneurs, les autorités de l’ancienne administration de la Fédération haïtienne de football et celles du Comité de Normalisation, n’ont jamais dévoilé les clauses des contrats. Ces derniers n’ont pas été aussi présentés devant la presse. Un secret qui laisse place à de nombreuses rumeurs qui ne font que salir l’image de l’instance suprême du football en Haïti.   
 
Bilan mitigé pour Delépine
 
Venons-en au cas de Nicolas Delépine. Ce dernier qui a dirigé son premier match à la tête des Grenadières le 17 février 2022, victoire (6-0) face au Honduras dans le cadres des éliminatoires de la Coupe du monde féminine de la Fifa, Australie et Nouvelle-Zélande 2023, aura passé 1 an 5 mois et 14 jours et disputé en tout et pour tout 19 rencontres (10 victoires, 9 défaites, 68 buts inscrits et 26 buts encaissés) aux commandes de la sélection haïtienne qui vient de disputer la phase finale du mondial océanien et de se faire éliminer au premier tour. Au regard du parcours des Grenadières qui n’ont battu que deux équipes mieux placées qu’elles au classement de la Fifa, à savoir le Mexique et le Chili, on ne peut que parler de bilan mitigé pour le technicien français.  
 
La surprenante annonce de Delépine
 
Après l’élimination des Grenadières en phase de poule de la Coupe du monde, les avis étaient partagés en ce qui a trait à une éventuelle révocation de Nicolas Delépine. Contre toute attente, c’est lui qui a annoncé sa démission. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Comité de Normalisation de la FHF, peut-être stupéfait, ne s’est toujours pas prononcé à ce sujet.     
 
« Je pense que nous sommes arrivés au bout de notre mission. On a fait le bilan avec mon staff, et nous pensons que les joueuses ont besoin d'une nouvelle vision. On leur en a demandé beaucoup », a fièrement déclaré Nicolas Delépine d’un air satisfait du travail accompli à la tête des Grenadières pourtant éliminées en phase de poule.
 
A en croire les propos de Nicolas Delépine : « Il y avait une volonté de la Fédération pour qu'on reste, mais on choisit de partir sur une nouvelle aventure, en ne gardant que de bons souvenirs », a-t-il précisé. Le technicien français qui avait déclaré qu’il avait un accord sur la durée avec la FHF après la défaite d’Haïti face au Danemark, a-t-il trahi les responsables du football qui voulaient qu’il reste aux commandes de l’équipe nationale ?
 
Delépine grand bénéficiaire de l’accord
 
Ce qui est certain, les responsables du football haïtien semblent n’avoir rien à payer à Nicolas Delépine qui, selon toute vraisemblance, percevait tout son argent de la FIFA. Vu que les clauses de son accord avec la FHF étaient gardées secrètes, il serait difficile de deviner s’il existe un quelconque différend entre les deux parties. Toujours est-il que les entraîneurs éconduits, à l’image de Patrice Neveu, sélectionneur des Grenadiers (2015-2016) qui avait traduit la FHF en justice obligeant la Fifa à lui verser 200 000 dollars américains, n’ont pas l’habitude de faire de cadeau aux Haïtiens.
 
En plus de l’argent perçu, l’entraîneur français de bas niveau, passé au sein de la section féminine du FC Nantes, Montpellier et Grenoble (relégué en D3), a acquis, grâce à Haïti, une certaine notoriété pour avoir guidé une sélection nationale en Coupe du monde. Il a pu embellir son CV. C’est à juste titre qu’il a laissé entendre « avoir reçu quelques propositions d’autres sélections féminines pour un futur projet ». Au fait, toute laisse présagée que Nicolas Delépine s'est plutôt bien sorti dans l’accord le liant avec les autorités du football national.     
 
 
Que faire après le départ de Delépine ?
 
Contre le Costa Rica (20 septembre et 29 novembre 2023), et face à Saint-Kitts et Nevis (25 et 29 octobre 2023), la sélection féminine haïtienne de football dispute les éliminatoires de la Gold Cup 2024. Quelque soit les conditions, un nouvel entraîneur doit être nommé aux commandes des Grenadières. Sur quels critères les autorités du football vont-elles se baser pour nommer le technicien en question ? Ce dernier sera-t-il présenté devant la presse ? Les clauses de son contrat avec la FHF seront-elles enfin dévoilées ?  
 
Tout compte fait, le Comité de normalisation de la FHF dont le deuxième mandat arrivera à terme le 11 novembre prochain, est attendu au tournant dans ce dossier.