Le sort des mineurs en conflit avec la loi, le calvaire de ces hommes et femmes pris dans les mailles de notre système carcéral au bord de l’implosion, les déboires de ces couches vulnérables qui ne savent plus à quel saint se vouer … elle les connaît tous. Kettly Julien, militante des droits humains, a vu, entendu et vécu dans ce petit pays ! Le changement, comme beaucoup elle l’a rêvé, mais depuis quelque temps, elle fait la paix avec l’idée qu’il ne viendra pas maintenant. « Ma génération ne l’a pas connue. Celle actuelle ne le verra pas non plus. Celle de mes enfants risque de ne pas le vivre non plus au point où nous allons », dit-elle avec un réalisme cru.
« Il n’y a aucune volonté pour changer cela non plus, poursuit-elle. Regardez… à présent on nous parle d’envoyer les Kenyans, qui ont déjà leurs problèmes, pour nous aider à régler les nôtres. Hors, notre constitution a déjà prévu deux forces armées, la Police et les FAD’H. Maintenant que la situation dépasse la police, on devrait pouvoir faire appel à notre armée. Mais « un ami » nous a dit qu’il ne fallait pas d’armée et nous avons dit d’accord. Nous, en Haïti, nous ne sommes pas en mesure de discuter, de demander qu’on restructure notre force qui est déjà sur le terrain au lieu de nous en envoyer une autre. Nous ne faisons que recevoir des ordres », explique Mme Julien, qui garde néanmoins la flamme de son patriotisme. Ce pays, elle a choisi d’y vivre. Elle garde espoir et est fière comme seuls les gens du Nord savent le faire.






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