Son bébé de quatre mois sur les bras, une couverture, une enveloppe contenant des documents importants et un sac à dos, c’est tout ce que Laura a pu emporter avec elle jeudi soir. Cette jeune femme de 28 ans vivait paisiblement à la rue Capois, non loin de la Place Jérémie, depuis une dizaine d’années. Comme des milliers d’autres personnes, elle est contrainte d’abandonner sa maison pour se mettre à l’abri. En larmes, Laura se demande ce qu’elle a fait pour mériter un tel sort. Elle n’est pas la seule à se poser cette question.
Chacun apporte avec lui ce qu’il peut, ce qu’il a de plus précieux, selon ses moyens de transport ou son adresse si elle est encore accessible. Certains ne savent pas vraiment où ils vont. Comme ce jeune homme rencontré avec quelques vêtements dans son sac à dos et son appareil de radio, au Champ de Mars. « Rien ne vaut une vie, dit-il. C’est dommage que les habitants soient abandonnés par les autorités. C’est vraiment triste et cruel », balance le jeune trentenaire, maillot jaune, casquette bleue vissée sur la tête. « Je ne sais pas encore où je vais dormir ce soir. Je peux mourir ce soir, mais pas à Carrefour-Feuilles », ajoute le jeune homme qui tenait un petit commerce de boissons gazeuses à l’avenue Magloire Ambroise prolongée.






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