1er septembre 2023. Les attaques étaient annoncées contre Carrefour-Feuilles. Elles se multiplient depuis plus de quinze jours. Sans répit.
La conquête de ce quartier était à craindre. On la vit.
Des morts. Des maisons pillées. Incendiées. Des foules en fuite. Et l’effet de contagion.
Après Carrefour-Feuilles, les habitants des zones avoisinantes détalent avant d’avoir à vivre la furie des gangs.
Tout se passe sans un mot du gouvernement, sans une action décisive de l’État.
Les forces de sécurité comme les FADH sont invisibles. La PNH est dépassée par les événements.
Alors que la peur étreint le bas de la ville, le haut de la région métropolitaine est sous attaque. Pernier. Frères. Tabarre.
Pas un mot des autorités. Ni pour promettre de l’aide. Ni pour annoncer une réponse. Ni pour appeler à un arrêt des hostilités contre la population civile.
La société civile, les églises et les oppositions sont tout aussi silencieux.
Laissez les Haïtiens et Haïtiennes mourir en paix, semble être le mot d’ordre général.
Carrefour-Feuilles subit le sort de Martissant. Connaît la même indifférence vécue par La Saline, Bel-Air ou Canaan. N’a rien à envier à Pernier ou à Croix-des-Bouquets. Et tant d’autres quartiers suppliciés.
Les gangs agissent, le pays encaisse les coups.
Que doit faire Ariel Henry ? Continuer à faire le dos rond comme à chaque crise aiguë d’insécurité ? Appeler encore à l’aide ? Se démettre ? Se ressaisir ?
Il est à craindre qu’Ariel Henry encore une fois continue à faire ce que Ariel Henry fait si bien depuis juillet 2021 qu’il est seul chef à bord du bateau Haïti : brûler les jours et assister immobile à la catastrophe.
La capitale haïtienne, après des mois de siège, est en train de tomber comme un fruit mûr dans l’escarcelle des gangs en ce premier septembre 2023.





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