« Escalade de la violence des gangs, impunité "généralisée", corruption "endémique"... La crise en Haïti s'est "encore aggravée" depuis un an, a alerté mercredi le secrétaire général de l'ONU, réclamant un "appui international solide".
"La crise multiforme que traverse Haïti, marquée avant tout par la violence en bande organisée, s'est encore aggravée depuis la mise en place du régime de sanctions" en octobre 2022, qui ne vise pour l'instant qu'un chef de gang, écrit Antonio Guterres dans un document publié mercredi.
Ce rapport intervient alors que les membres du Conseil de sécurité négocient le mandat d'une force internationale réclamée depuis un an par Port-au-Prince pour appuyer la police dépassée, mission non onusienne dont le Kenya doit prendre la tête », rapporte l’Agence France Presse dans une dépêche.
Ça c’est la parole de l’Organisation des Nations Unies. Ici en Haïti, ce jeudi, Le Nouvelliste cherchait à confirmer l’attaque contre un autobus de transport public. Selon les « voice » qui circulent sur WhatsApp, que ni la police ni les organisations de défense des droits humains ne confirment, tous les passagers auraient été tués par les membres d’un gang en représailles après la débandade de certains de ses « soldats » à Mirebalais.
L’information n’est pas confirmée mais l’horreur n’est pas moins grande car c’est dans l’ordre du possible.
Depuis samedi dernier les nouvelles choquantes se suivent et se ressemblent.
Une vingtaine de morts et de blessés à Saut-d’Eau. L’hôpital universitaire de Mirebalais arrosé à l’arme automatique en pleine nuit jetant patients et médecins dans la tourmente. La partie Nord de la capitale théâtre d’affrontements à l’armes lourdes entre gangs en guerre et la population civile qui se retrouve au milieu des croisements de tirs. La plaine du Cul-de-Sac qui s’embrase. Des milliers d’hommes et de femmes craignent pour leur vie au moment où ces lignes sont écrites.
Il y a une semaine, ils vivaient dans une paix relative. Aujourd’hui, ils habitent des territoires en quasi-guerre.
Pour le moment, difficile de confirmer les bilans. Personne ne peut prendre le risque d’aller porter assistance ni d’aller compter les victimes. Chacun se sauve comme il le peut. Se met à l’abri là où c’est possible.
Le Conseil de sécurité de l’ONU devra statuer sur l’envoi de la mission d’appui à la sécurité dans les heures à venir. Quelle que soit sa décision, les rapports seront loin du compte de la détresse de la population haïtienne, aucune statistique ne dira toutes les victimes et aucun secours ne sera suffisant.
La situation est terrible en Haïti, au-delà des mots et des chiffres.





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