Un matin de 1992, la vie tranquille de Marie Louise Baker observe un tournant quand en faisant son autopalpation, elle se rend compte de la présence d’une petite masse au niveau d’un de ses seins. Un signe qu’elle ne minimise pas et qui lui met la puce à l’oreille. Un peu plus tard, le diagnostic tombe, c’est un cancer. En plein embargo, elle doit alors se démener pour se faire soigner. Elle traverse la frontière dominicaine à pied et de là s’envole vers les Etats-Unis pour les traitements que nécessitent son cas.

« À cette époque, quand on entendait parler de cancer, on pensait que c’était la fin. C’était comme un coup de massue sur la tête. J’ai moi-même cru que j’irais vers le Seigneur…. », explique-t-elle. Mais heureusement que tout se passe bien pour elle ! Au lendemain de sa mastectomie, elle fait une révélation qui va changer sa vision des choses. « J’étais couchée dans mon lit au lendemain de mon opération, quelqu’un a frappé à ma porte. J’ai vu une petite dame habillée en jaune, comme un poussin, avec un optimisme et un enthousiasme extraordinaires. Elle m’a dit qu'il fait beau aujourd’hui. Je me suis dit « de quoi parle-t-elle ? Parce que le temps était un peu gris ». Et c’est alors qu’elle m’a expliqué qu’elle était danseuse, qu’elle avait eu le cancer comme moi, qu’elle avait repris la danse et qu’elle était encore là aujourd’hui et cela faisait plus de 20 ans. C’est alors que je me suis dit automatiquement si elle a pu le faire, je pourrais également me relever. Elle a carrément changé la perception que j’avais de la maladie », explique reconnaissante, celle qui est née en Haïti et qui a fait toutes ses classes à l’institution du Sacré-Cœur.